L’objet de cet article est beaucoup plus d’ordre pratique. Devenir entrepreneur c’est la plupart du temps être bien seul à la tête de son activité. Si vous n’avez pas été en relation étroite avec des personnes “à leur compte” (Famille, amis) vous devez vous demander clairement les contraintes qui vous attendent. Nous en faisons la liste non exhaustive ci-dessous, chaque métier générant des contraintes complémentaires spécifiques.

Devenir entrepreneur : les contraintes

Devenir entrepreneur n’est pas facile. Deux études faites en octobre 2012 (L’entrepreneuriat en France – Notes d’analyse 296 et 297 – Octobre 2012) par le Centre d’analyse stratégique des services du Premier Ministre, soulignent ces difficultés et analysent les critères de réussite ou d’échec en France et en comparaison avec d’autres pays. Ces études demandent une lecture attentive mais sont pleines d’enseignement.
http://www.strategie.gouv.fr/content/entrepreneuriat-en-france-na-296-297.

 1.1   Devenir entrepreneur: prendre des décisions.

Devenir entrepreneur, ce sont des dizaines de décisions à prendre, beaucoup à la volée. Vous n’aurez souvent pas le temps de faire une longue “analyse” avant de vous prononcer. Plus votre entreprise est nouvelle, plus elle est faible (Financièrement le plus souvent), moins d’erreurs sont tolérées. Cependant, pour les décisions qui engagent votre entreprise, essayez de gagner un peu de temps, si vous n’êtes pas tout à fait convaincu de la voie à suivre. Mais à l’inverse, si vous ne pouvez plus reculer avant de décider, il vaut mieux trouver une issue “moyenne” que de tout abandonner au hasard, ce que certains font (Voir comment prendre une décision en cliquant sur http://www.que-faire-si.com/prendre-une-decision/). Il vaut mieux aller de l’avant que de ne rien faire du tout, car en “cours de route” la décision peut être plus facile à prendre.

1.2   Devenir entrepreneur: analyser la situation.

Il vous faudra analyser vos problèmes, par vous même ou avec l’aide de spécialistes ou d’internet. Il vaut mieux prendre les problèmes à froid, c’est dire longtemps avant leur échéance. Devenir entrepreneur c’est prévoir souvent longtemps à l’avance. Ecrire (Quelques phrases sur papier ou sur votre PC) ce que vous avez en tête, les conséquences possibles si vous faites ceci ou cela. Toujours chiffrer, si cela est possible, les coûts et les recettes potentiels (En argent) et les conséquences en volume, poids, etc.

1.3   Devenir entrepreneur: de longues heures de travail.

Démarrer une entreprise conduira invariablement à de longues journées, parce que vous n’avez pas les moyens ou la justification du volume pour embaucher et déléguer. Il faudra probablement emporter du travail à finir à la maison.

1.4   Votre travail sera varié, en partie fastidieux.

Vous créez une activité sur un critère que vous aimez (Faire des robes par exemple, créer, vendre des produits, etc.). Mais devenir entrepreneur c’est aussi à remplir des formulaires administratifs et autres, à solliciter des fonds auprès des banques, peut être négocier des contrats, enfin beaucoup de “choses” pas très enthousiasmantes pour certains entrepreneurs mais “acceptables” pour d’autres. Mais il est certain qu’une part de votre activité ne sera pas ce que vous envisagée. Mais il faudra faire l’effort de ne pas ignorer cet aspect du travail et “oublier” de traiter les dossiers correspondants!

1.5   Devenir entrepreneur: votre “standing” immédiat va probablement baissé.

Que ce soit votre salaire ou vos conditions de travail, votre lieu de travail. Car une règle de base (souvent oubliée) est qu’il faudra faire des économies de partout, en plus du salaire: lieu de travail, bureau “de poche” (Peut être dans sa cuisine), déplacements (Seulement ceux qui sont “productifs” de revenus), etc. Il faut en effet conserver en tête qu’à la création d’une activité  il y a peu ou pas de “rentrées”, seulement des dépenses, qui doivent de ce fait être réduites au maximum et/ou reportées.

Note: beaucoup de création d’entreprises ne passent pas le cap d’un an par faute de ressources “à temps” (Fonds de roulement trop juste ou inexistant), pas faute de clients potentiels. Si ces entreprises avaient pu “résister” 2 ou 3 ans elles seraient devenues des entreprises viables et pérennes. Et beaucoup auraient pu “résister” cette mise à l’épreuve si elles avaient réduit leur standing de départ au minimum.

1.6   Devenir entrepreneur: vous vous sentirez souvent très seul!

En effet, plus de service, plus d’équipe, plus de copain, comme dans les entreprises même petites où vous aviez l’habitude d’évoluer. Vous serez seul à décider et à orchestrer votre journée, vos plannings, etc. C’est pour cela que, si vous êtes mariés, il est vraiment important que votre épouse/époux participe à “l’exercice”, même sans être totalement impliqué. Il est bon d’exposer ses succès et ses échecs, ses doutes et ses craintes. Il y en aura, cela est certain.

Êtes-vous toujours prêts à vous lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Certains ne pourront jamais devenir entrepreneur

En effet, les contraintes énoncées ci-dessus sont malheureusement bien réelles pour ceux qui se lancent dans la création d’entreprise. Tout le monde ne voudra prendre de tels risques pour lui même ou sa famille, à tort ou à raison. Cependant, pour une même création d’entreprise, dans les mêmes conditions de risque, M.X ou Mme Y feront le saut, alors que M. ou Mme Z abandonneront leur projet. Pourquoi?

2.1   Devenir entrepreneur: la personnalité

Vous héritez à votre naissance de votre propre personnalité qui change assez peu au cours de votre vie, malgré l’expérience et de la maturité. C’est votre personnalité qui défini comment vous réagissez dans la vie de tous les jours, au travail ou sous le stress. Et c’est la personnalité de votre ami(e) ou votre collègue de travail qui fait que, dans les mêmes circonstances, les mêmes conditions, il ou elle réagira un peu ou totalement différemment. C’est votre personnalité qui vous poussera à devenir entrepreneur, vous permettra de prendre ou non les risques liés à une création d’entreprise et de faire prospérer ou non cette entreprise.

La personnalité peut en effet, être “décomposée” en “traits” principaux. Nous en avons défini 11 qui sont:

  • L’énergie personnelle
  • L’énergie en tant que responsable
  • La capacité à décider
  • L’humanité
  • L’émotivité
  • La stabilité
  • Le goût du détail
  • La moralité
  • L’indépendance
  • La logique
  • La créativité

Avec les contraintes qui vont de pair avec une création d’entreprise, il est facile de constater que vouloir devenir entrepreneur sans énergie personnelle ou sans énergie en tant que responsable ou avec une capacité à décider faible, une stabilité défaillante, l’aventure est très mal partie. A l’inverse, certaines activités peuvent demander seulement de la logique, d’autres de la créativité. Les activités commerciales de contact feront appel au critère “humanité”, peut être à l’indépendance (VRP par exemple). Les métiers de précision ne pourront être exercés que par ceux ayant du goût pour le détail. En fait, plusieurs traits de caractère de complètent ou se contrarient suivant le type d’activité.

2.2   Le contexte familial et/ou au travail.

Si votre personnalité comporte les critères types pour devenir entrepreneur, rien ne vous arrêtera dans votre décision. Si au contraire, certains traits sont totalement en contradiction avec les “besoins” d’une création d’entreprise, il ne faut pas vous lancer dans cette aventure (D’ailleurs très probablement vous n’avez jamais envisagé cette éventualité). Pour ceux qui hésitent, les traits de caractère de la personnalités seront très souvent “mitigés” et ils trouveront des raisons pour reporter la décision de devenir entrepreneur. Le contexte familial ou de travail où ils évoluent actuellement les aidera à choisir ou au contraire sera un handicap supplémentaire.

  • La famille. Si déjà dans votre famille proche ou moins proche, on est “dans les affaires”, cela sera une aide précieuse et un élément de décision. De plus, il sera facile de demander des conseils, de l’aide. Au contraire, si la famille est plutôt faite de salariés ou fonctionnaires, il faudra vraiment vous faire violence pour mettre en pratique votre projet.
  • Le travail. Si vous êtes actuellement salarié, vous aurez probablement beaucoup de “conseils” négatifs de la part de vos collègues sur votre projet de devenir entrepreneur. Soyez attentif à tous ces conseils en recherchant quel “esprit” se cache derrière leur “avis”: est ce un conseil honnête ou teinté de jalousie? (Beaucoup voudraient “commencer quelque chose” eux même, mais bien peu sautent le pas!). Si vous êtes fonctionnaire, il sera très rare d’avoir une “aide morale” ou pratique en faveur de votre projet. Les conditions de travail et de risque sont totalement étrangers à cette fonction et il est de ce fait difficile de vivre une autre vie si éloignée et d’obtenir un conseil “autorisé”.

Devenir entrepreneur : ceux qui sautent le pas ?

Ceux qui décident de devenir entrepreneur en démarrant leur entreprise, qu’ils soient vraiment faits pour cette responsabilité ou pas, doivent mûrir leur projet: ne jamais décider sur un coup de tête. Cela prend du temps pour faire le tour du sujet, même s’il s’agit d’une activité qui ne demande pas de mobiliser des sommes importantes ou une organisation professionnelle. Il faut cependant:

3.1   Devenir entrepreneur: c’est penser le coup d’après, c’est à dire après le démarrage, ce que vous allez faire pour faire prospérer votre activité dans les 6 mois, 1 an ou plus.

3.2   Devenir entrepreneur: avoir un projet réaliste, avec des “sécurités”: minimiser les “entrées” (Moins de revenus qu’espéré), augmenter les charges (Plus de frais qu’imaginé), allongez les délais (Ventes reportées, etc.). Voir notre site consacré aux solutions aux problèmes professionnels et de tous les jours.

3.3   Devenir entrepreneur: avoir un plan B ou B et C: si les “entrées” sont au dessous de vos prévisions que faire: ajouter des “produits” ou changer l’orientation/l’objet de votre entreprise?

3.3   Penser que très probablement, ce que vous “vendrez” dans un an ou deux, sera différent de vos ventes de départ. Probablement 90% des entreprises doivent “évoluer” (C’est s’adapter au marché) rapidement après leur démarrage. C’est l’expérience du marché qui le dictera. Et si vous ne suivez pas cette évolution (En fait il faudrait plutôt la précéder) votre entreprise est très certainement condamnée avant d’avoir vraiment démarrée.

3.4   Savoir que toute entreprise peut faire “faillite” (ou peut avoir à fermer ses portes!), en particulier celles qui démarrent. C’est un des risques que vous prenez. Mais vous devez à tout prix vous affranchir du “qu’en dira-t-on” (de la honte peut être?) si cela vous arrive: il n’y a que ceux qui entreprennent qui courent ce risque qui les honore et vous saurez à coup sûr, tirer partie des leçons de cet essai. Sachez qu’un fort pourcentage des entrepreneurs qui ont réussi ont à leur actif une ou plusieurs faillites? Enfin, dans beaucoup d’autres pays que la France (Ex: Etats Unis), faire faillite n’est pas une tare, au contraire c’est le signe de vos engagements et de votre ambition – qui seront tôt ou tard récompensés.

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3 commentaires

  1. Cet article m’a pas mal fait réfléchir, étant sur le point de me lancer dans un nouveau projet de startup. Je fais donc un petit bilan de compétence, et je m’apprête à acheter votre test “profil perso”.

    Une petite question : pensez-vous qu’il y ait aussi une composante culturelle à cette histoire ? Je pense que les français sont moins entrepreneurs que les américains par exemple. Comment ceci rentre-t-il en compte dans le test ?

    1. Ce test devrait être systématiquement le point de départ avant de démarrer une entreprise, changer de métier, changer de travail, changer de poste. Il faut être sûr que “sa” personnalité “collera” parfaitement à cette nouvelle activité, car si ce n’est pas le cas, les conséquences seraient désastreuses pour le futur. Chacun est excellent seulement dans un nombre très limité de “métiers”. Il ne faut donc pas se tromper. Et en toute logique, ce test devrait être réalisé la première fois pour les adolescents avant qu’ils ne décident de leur orientation scolaire et professionnelle.
      Non, les français ne sont pas moins entrepreneurs que les américains (J’ai vécu quelques années aux Etats Unis). Mais là bas:
      1/ les opportunités de créer quelque chose sont beaucoup plus importantes (Les changements de structure de l’économie sont rapides donc laissent des “fenêtres” pour s’implanter)
      2/ personne n’a le complexe de ne pas réussir (Faire “faillite” est plutôt un plus)
      3/ les aides sont directes (Banques) et rapides (Pas via l’administration)
      4/ chaque américain “envie” celui qui a réussi, mais n’en est pas jaloux. Il ne veut pas “prendre” la richesse à ceux qui ont réussi, mais “générer” sa propre richesse. Souvent j’ai entendu “si je n’ai pas réussi, c’est de ma faute, parce que je n’en était pas capable ou je n’ai pas assez travaillé”.

  2. Hello, Comme d hab j aime ce ton qui fait mouche et qui donne envie de se mettre des coups de pied au c.. ! Toutefois, tout le monde n a pas la fibre ni l ame d un entrepreneur Et puis, 8 je pense que cela a pu fonctionner pour vous parce que tous les 2 vous avez du sang d entrepreneur dans les veines. Mais dans un couple ou seul l un a envie de tout bousculer pour changer de vie, cela peut aussi etre source de conflit et aller au clash, non ?

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